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Sermon du pape Benoît
XVI lors de la Célébration
eucharistique pour l’initiation du ministère pétrien Rome,
le 24 avril 2005 français
- anglais
- espagnol
- allemand
- italien Texte
en français Chers
Frères dans l’Épiscopat et dans le Sacerdoce, Mesdames
et Messieurs les Membres des Autorités et du Corps diplomatique, Chers
Frères et Sœurs, Par trois fois, au cours de ces jours si intenses, le chant des litanies des
saints nous a accompagné: durant les funérailles de notre Saint-Père
Jean-Paul II; à l’occasion de l’entrée des Cardinaux en Conclave, et
aujourd’hui encore, nous les avons chantées à nouveau, accompagnées de
l’invocation: Tu illum adiuva – soutiens le nouveau Successeur
de saint Pierre. Chaque fois, de manière toute particulière, j’ai ressenti,
pendant cette prière chantée, une grande consolation. Combien nous nous
sommes-nous sentis abandonnés après le départ de Jean-Paul II! Pendant
plus de 26 ans, ce Pape a été notre pasteur et notre guide sur le chemin à
travers ce temps. Il a franchi le seuil vers l’autre vie – entrant dans
le mystère de Dieu. Mais il n’accomplissait pas ce passage tout seul. Celui
qui croit n’est jamais seul – il ne l’est pas dans la vie, et pas même
dans la mort. À ce moment-là, nous avons pu invoquer les saints de tous les siècles
– ses amis, ses frères dans la foi, sachant qu’ils ont été le cortège
vivant qui l’a accompagné dans l’au-delà, jusqu’à la gloire de Dieu.
Nous savons que son arrivée était attendue. Nous savons désormais qu’il est
parmi les siens et qu’il est vraiment chez lui. De nouveau, nous avons été
consolés alors que nous accomplissions l’entrée solennelle en conclave pour
élire celui que le Seigneur avait choisi. Comment pouvions-nous reconnaître
son nom? Comment 115 Évêques, provenant de toutes les cultures et de nombreux
pays, pouvaient-ils trouver celui auquel le Seigneur désirait conférer la
mission de lier et de délier ? Encore une fois, nous le savions: nous
savions que nous n’étions pas seuls, nous nous savions entourés, conduits et
guidés par les amis de Dieu. Et maintenant, en ce moment, moi-même, fragile
serviteur de Dieu, je dois assumer cette charge inouïe, qui dépasse réellement
toute capacité humaine. Comment puis-je faire cela ? Comment serai-je en
mesure de le faire ? Vous tous, chers amis, vous venez d’invoquer la
troupe innombrable des saints, représentés par certains des grands noms de
l’histoire de Dieu avec les hommes. De cette manière, se ravive aussi en moi
cette conscience: je ne suis pas seul. Je ne dois pas porter seul ce que, en réalité,
je ne pourrais jamais porter seul. La troupe des saints de Dieu me protège, me
soutient et me porte. Et votre prière, chers amis, votre indulgence, votre
amour, votre foi et votre espérance m’accompagnent. En effet, à la communauté
des saints n’appartiennent pas seulement les grandes figures qui nous ont précédés
et dont nous connaissons les noms. Nous sommes tous la communauté des saints,
nous, les baptisés au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, nous qui vivons
du don de la chair et du sang du Christ, par lesquels il a voulu nous
transformer et nous rendre semblables à lui. Oui, l’Église est vivante – telle
est la merveilleuse expérience de ces jours-ci. Au cours des journées tristes
de la maladie et de la mort du Pape, précisément, s’est manifesté de manière
merveilleuse à nos yeux le fait que l’Église est vivante. Et l’Église est
jeune. Elle porte en elle l’avenir du monde et c’est pourquoi elle montre
aussi à chacun de nous le chemin vers l’avenir. L’Église est vivante et
nous le voyons: nous faisons l’expérience de la joie que le Ressuscité a
promise aux siens. L’Église est vivante – elle est vivante parce que
le Christ est vivant, parce qu’il est vraiment ressuscité. Dans la
souffrance, présente sur le visage du Saint-Père, au cours des jours de Pâques,
nous avons contemplé le mystère de la passion du Christ et nous avons en même
temps touché ses plaies. Mais en ces jours, nous avons aussi pu, de manière
profonde, toucher le Ressuscité. Il nous a été donné de faire l’expérience
de la joie qu’il a promise, après un court temps de ténèbres, comme un
fruit de sa résurrection. L’Église est vivante – ainsi, je vous salue avec une grande joie
et une profonde gratitude, vous tous qui êtes ici rassemblés, chers Frères
Cardinaux et Évêques, chers Frères prêtres, chers diacres, chers agents
pastoraux et catéchistes. Je vous salue, vous les religieux et les religieuses,
témoins de la présence transfigurante de Dieu. Je vous salue, vous, les fidèles
laïcs, engagés dans le vaste espace de la construction du Règne de Dieu qui
se répand dans le monde, dans tous les lieux de vie. Mes paroles se font aussi
affectueuses dans le salut que j’adresse à tous ceux qui, renés par le
sacrement du Baptême, ne sont pas encore dans la pleine communion avec nous; et
à vous, chers Frères du peuple juif, auxquels nous sommes liés par un grand
patrimoine spirituel commun qui plonge ses racines dans les promesses irrévocables
de Dieu. Enfin, ma pensée – presque comme une onde qui se répand –
va à tous les hommes de notre temps, croyants et non croyants. Chers amis ! En ce moment, je n’ai pas besoin de présenter un
programme de gouvernement. J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer, dans mon
message du mercredi 20 avril, certains aspects de ce que je considère comme de
ma charge; je ne manquerai pas de le faire en d’autres circonstances. Mon véritable
programme de gouvernement est de ne pas faire ma volonté, de ne pas poursuivre
mes idées, mais, avec toute l’Église, de me mettre à l’écoute de la
parole et de la volonté du Seigneur, et de me laisser guider par lui, de manière
que ce soit lui-même qui guide l’Église en cette heure de notre histoire. Au
lieu d’exposer un programme, je voudrais simplement commenter les deux signes
qui, sur le plan liturgique, représentent le début du ministère pétrinien.
En fait, tous les deux sont le reflet exact de ce qui a été proclamé dans les
lectures de ce jour. Le premier signe est le pallium, tissu en pure laine, qui est placé sur mes
épaules. Ce signe très ancien, que les Évêques de Rome portent depuis la fin
du IVe siècle, peut être considéré comme une image du joug du
Christ, que l’Évêque de cette ville, le Serviteur des Serviteurs de Dieu,
prend sur ses épaules. Le joug de Dieu est la volonté de Dieu, que nous
accueillons. Et cette volonté n’est pas pour moi un poids extérieur, qui
nous opprime et qui nous enlève notre liberté. Connaître ce que Dieu veut,
connaître quel est le chemin de la vie – telle était la joie d’Israël,
tel était son grand privilège. Telle est aussi notre joie: la volonté de Dieu
ne nous aliène pas, elle nous purifie – parfois même de manière
douloureuse – et nous conduit ainsi à nous-mêmes. De cette manière,
nous ne le servons pas seulement lui-même, mais nous servons aussi le salut de
tout le monde, de toute l’histoire. En réalité, le symbolisme du pallium est
encore plus concret: la laine d’agneau entend représenter la brebis perdue ou
celle qui est malade et celle qui est faible, que le pasteur met sur ses épaules
et qu’il conduit aux sources de la vie. La parabole de la brebis perdue que le
berger cherche dans le désert était pour les Pères de l’Église une image
du mystère du Christ et de l’Église. L’humanité – nous tous –
est la brebis perdue qui, dans le désert, ne trouve plus son chemin. Le Fils de
Dieu ne peut pas admettre cela; il ne peut pas abandonner l’humanité à une
telle condition misérable. Il se met debout, il abandonne la gloire du ciel,
pour retrouver la brebis et pour la suivre, jusque sur la croix. Il la charge
sur ses épaules, il porte notre humanité, il nous porte nous-mêmes. Il est le
bon pasteur, qui donne sa vie pour ses brebis. Le Pallium exprime avant tout que
nous sommes portés par le Christ. Mais, en même temps, le Christ nous invite
à nous porter les uns les autres. Ainsi, le Pallium devient le symbole de la
mission du pasteur, dont parle la deuxième lecture et l’Évangile. La sainte
inquiétude du Christ doit animer tout pasteur: il n’est pas indifférent pour
lui que tant de personnes vivent dans le désert. Et il y a de nombreuses formes
de désert. Il y a le désert de la pauvreté, le désert de la faim et de la
soif; il y a le désert de l’abandon, de la solitude, de l’amour détruit.
Il y a le désert de l’obscurité de Dieu, du vide des âmes sans aucune
conscience de leur dignité ni du chemin de l’homme. Les déserts extérieurs
se multiplient dans notre monde, parce que les déserts intérieurs sont devenus
très grands. C’est pourquoi, les trésors de la terre ne sont plus au service
de l’édification du jardin de Dieu, dans lequel tous peuvent vivre, mais sont
asservis par les puissances de l’exploitation et de la destruction. L’Église
dans son ensemble, et les Pasteurs en son sein, doivent, comme le Christ, se
mettre en route, pour conduire les hommes hors du désert, vers le lieu de la
vie, vers l’amitié avec le Fils de Dieu, vers Celui qui nous donne la vie, la
vie en plénitude. Le symbole de l’agneau a encore un autre aspect. Dans
l’Orient ancien, il était d’usage que les rois se désignent eux-mêmes
comme les pasteurs de leur peuple. C’était une image de leur pouvoir, une
image cynique: les peuples étaient pour eux comme des brebis, dont le pasteur
pouvait disposer selon son bon vouloir. Tandis que le pasteur de tous les
hommes, le Dieu vivant, est devenu lui-même un agneau, il s’est mis du côté
des agneaux, de ceux qui sont méprisés et tués. C’est précisément ainsi
qu’il se révèle comme le vrai pasteur: «Je suis le bon pasteur... et je
donne ma vie pour mes brebis» (Jn 10, 14 ss.). Ce n’est pas le pouvoir
qui rachète, mais l’amour ! C’est là le signe de Dieu: Il est lui-même
amour. Combien de fois désirerions-nous que Dieu se montre plus fort! Qu’il
frappe durement, qu’il terrasse le mal et qu’il crée un monde meilleur!
Toutes les idéologies du pouvoir se justifient ainsi, justifient la destruction
de ce qui s’oppose au progrès et à la libération de l’humanité. Nous
souffrons pour la patience de Dieu. Et nous avons néanmoins tous besoin de sa
patience. Le Dieu qui est devenu agneau nous dit que le monde est sauvé par le
Crucifié et non par ceux qui ont crucifié. Le monde est racheté par la
patience de Dieu et détruit par l’impatience des hommes. Une des caractéristiques fondamentales du pasteur doit être d’aimer les
hommes qui lui ont été confiés, comme les aime le Christ, au service duquel
il se trouve. «Sois le pasteur de mes brebis», dit le Christ à Pierre, et à
moi, en ce moment. Être le pasteur veut dire aimer, et aimer veut dire aussi être
prêt à souffrir. Aimer signifie: donner aux brebis le vrai bien, la nourriture
de la vérité de Dieu, de la parole de Dieu, la nourriture de sa présence,
qu’il nous donne dans le Saint-Sacrement. Chers amis – en ce moment je
peux seulement dire: priez pour moi, pour que j’apprenne toujours plus à
aimer le Seigneur. Priez pour moi, pour que j’apprenne à aimer toujours plus
son troupeau – vous tous, la Sainte Église, chacun de vous
personnellement et vous tous ensemble. Priez pour moi, afin que je ne me dérobe
pas, par peur, devant les loups. Priez les uns pour les autres, pour que le
Seigneur nous porte et que nous apprenions à nous porter les uns les autres. Le deuxième signe par lequel la liturgie d’aujourd’hui nous présente
le commencement du ministère pétrinien est la remise de l’anneau du pêcheur.
L’appel de Pierre à devenir pasteur, que nous avons entendu dans l’Évangile,
fait suite au récit d’une pêche abondante: après une nuit au cours de
laquelle ils avaient jeté les filets sans succès, les disciples voient sur le
rivage le Seigneur ressuscité. Il leur enjoint de retourner pêcher une
nouvelle fois et voici que le filet devient si plein qu’ils ne réussirent
plus à le ramener. 153 gros poissons: «Et, malgré cette quantité, le filet
ne s’était pas déchiré» (Jn 21,11). Cet événement, qui a
lieu au terme du parcours terrestre de Jésus avec ses disciples, correspond à
un récit des commencements: les disciples n’avaient alors rien pêché durant
toute la nuit; Jésus avait alors invité Simon à avancer une nouvelle fois au
large. Et Simon, qui ne s’appelait pas encore Pierre, donna cette réponse
admirable: Maître, sur ton ordre, je vais jeter les filets ! Et voici la
confirmation de la mission: «Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes
que tu prendras» (Lc 5,1-11). Aujourd’hui encore, l’Église et
les successeurs des Apôtres sont invités à prendre le large sur l’océan de
l’histoire et à jeter les filets, pour conquérir les hommes au Christ – à
Dieu, au Christ, à la vraie vie. Les Pères ont aussi dédié un commentaire très
particulier à cette tâche singulière. Ils disent ceci: pour le poisson, créé
pour l’eau, être sorti de l’eau entraîne la mort. Il est soustrait à son
élément vital pour servir de nourriture à l’homme. Mais dans la mission du
pêcheur d’hommes, c’est le contraire qui survient. Nous, les hommes, nous
vivons aliénés, dans les eaux salées de la souffrance et de la mort; dans un
océan d’obscurité, sans lumière. Le filet de l’Évangile nous tire hors
des eaux de la mort et nous introduit dans la splendeur de la lumière de Dieu,
dans la vraie vie. Il en va ainsi – dans la mission de pêcheur d’hommes, à
la suite du Christ, il faut tirer les hommes hors de l’océan salé de toutes
les aliénations vers la terre de la vie, vers la lumière de Dieu. Il en va
ainsi: nous existons pour montrer Dieu aux hommes. Seulement là où on voit
Dieu commence véritablement la vie. Seulement lorsque nous rencontrons dans le
Christ le Dieu vivant, nous connaissons ce qu’est la vie. Nous ne sommes pas
le produit accidentel et dépourvu de sens de l’évolution. Chacun de nous est
le fruit d’une pensée de Dieu. Chacun de nous est voulu, chacun est aimé,
chacun est nécessaire. Il n’y a rien de plus beau que d’être rejoints,
surpris par l’Évangile, par le Christ. Il n’y a rien de plus beau que de le
connaître et de communiquer aux autres l’amitié avec lui. La tâche du
pasteur, du pêcheur d’hommes, peut souvent apparaître pénible. Mais elle
est belle et grande, parce qu’en définitive elle est un service rendu à la
joie, à la joie de Dieu qui veut faire son entrée dans le monde. Je voudrais encore souligner une chose: de l’image du pasteur et de celle
du pêcheur émerge de manière très explicite l’appel à l’unité.«J’ai
encore d’autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie; celles-là aussi, il
faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix: il y aura un seul troupeau
et un seul pasteur» (Jn 10,16), dit Jésus à la fin du discours du
bon pasteur. Le récit des 153 gros poissons se conclut avec la constatation
joyeuse: «Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré» (Jn 21,11).
Hélas, Seigneur bien-aimé, aujourd’hui le filet s’est déchiré,
aurions-nous envie de dire avec tristesse! Mais non – nous ne devons pas
être tristes! Réjouissons-nous de ta promesse, qui ne déçoit pas, et faisons
tout ce qui est possible pour parcourir la route vers l’unité que tu as
promise. Faisons mémoire d’elle comme des mendiants dans notre prière au
Seigneur: oui Seigneur, souviens-toi de ce que tu as promis. Fais que nous ne
soyons qu’un seul Pasteur et qu’un seul troupeau! Ne permets pas que ton
filet se déchire et aide-nous à être des serviteurs de l’unité! En ce moment, je me souviens du 22 octobre 1978, quand le
Pape Jean-Paul II commença son ministère ici, sur la Place
Saint-Pierre. Les paroles qu’il prononça alors résonnent encore et
continuellement à mes oreilles: «N’ayez pas peur, au contraire, ouvrez
tout grand les portes au Christ». Le Pape parlait aux forts, aux puissants du
monde, qui avaient peur que le Christ les dépossède d’une part de leur
pouvoir, s’ils l’avaient laissé entrer et s’ils avaient concédé la
liberté à la foi. Oui, il les aurait certainement dépossédés de quelque
chose: de la domination de la corruption, du détournement du droit, de
l’arbitraire. Mais il ne les aurait nullement dépossédés de ce qui
appartient à la liberté de l’homme, à sa dignité, à l’édification
d’une société juste. Le Pape parlait en outre à tous les hommes, surtout
aux jeunes. En quelque sorte, n’avons-nous pas tous peur – si nous
laissons entrer le Christ totalement en nous, si nous nous ouvrons totalement
à lui – peur qu’il puisse nous déposséder d’une part de notre vie?
N’avons-nous pas peur de renoncer à quelque chose de grand, d’unique, qui
rend la vie si belle? Ne risquons-nous pas de nous trouver ensuite dans
l’angoisse et privés de liberté? Et encore une fois le Pape voulait dire:
Non! Celui qui fait entrer le Christ ne perd rien, rien – absolument rien de
ce qui rend la vie libre, belle et grande. Non! Dans cette amitié seulement
s’ouvrent tout grand les portes de la vie. Dans cette amitié seulement se dévoilent
réellement les grandes potentialités de la condition humaine. Dans cette
amitié seulement nous faisons l’expérience de ce qui est beau et de ce qui
libère. Ainsi, aujourd’hui, je voudrais, avec une grande force et une
grande conviction, à partir d’une longue expérience de vie personnelle,
vous dire, à vous les jeunes: n’ayez pas peur du Christ! Il n’enlève
rien et il donne tout. Celui qui se donne à lui reçoit le centuple. Oui,
ouvrez, ouvrez tout grand les portes au Christ – et vous trouverez la vraie
vie. Amen. Texte
en anglais My
dear Brother Bishops and Priests, Distinguished
Authorities and Members of the Diplomatic Corps, Dear
Brothers and Sisters, During
these days of great intensity, we have chanted the litany of the saints on three
different occasions: at the funeral of our Holy Father John Paul II; as the
Cardinals entered the Conclave; and again today, when we sang it with the
response: Tu illum adiuva – sustain the new Successor of Saint Peter.
On each occasion, in a particular way, I found great consolation in listening to
this prayerful chant. How alone we all felt after the passing of John Paul II
– the Pope who for over twenty-six years had been our shepherd and guide on
our journey through life! He crossed the threshold of the next life, entering
into the mystery of God. But he did not take this step alone. Those who believe
are never alone – neither in life nor in death. At that moment, we could call
upon the Saints from every age – his friends, his brothers and sisters in the
faith – knowing that they would form a living procession to accompany him into
the next world, into the glory of God. We knew that his arrival was awaited. Now
we know that he is among his own and is truly at home. We were also consoled as
we made our solemn entrance into Conclave, to elect the one whom the Lord had
chosen. How would we be able to discern his name? How could 115 Bishops, from
every culture and every country, discover the one on whom the Lord wished to
confer the mission of binding and loosing? Once again, we knew that we were not
alone, we knew that we were surrounded, led and guided by the friends of God.
And now, at this moment, weak servant of God that I am, I must assume this
enormous task, which truly exceeds all human capacity. How can I do this? How
will I be able to do it? All of you, my dear friends, have just invoked the
entire host of Saints, represented by some of the great names in the history of
God’s dealings with mankind. In this way, I too can say with renewed
conviction: I am not alone. I do not have to carry alone what in truth I could
never carry alone. All the Saints of God are there to protect me, to sustain me
and to carry me. And your prayers, my dear friends, your indulgence, your love,
your faith and your hope accompany me. Indeed, the communion of Saints consists
not only of the great men and women who went before us and whose names we know.
All of us belong to the communion of Saints, we who have been baptized in the
name of the Father, and of the Son and of the Holy Spirit, we who draw life from
the gift of Christ’s Body and Blood, through which he transforms us and makes
us like himself. Yes, the Church is alive – this is the wonderful experience
of these days. During those sad days of the Pope’s illness and death, it
became wonderfully evident to us that the Church is alive. And the Church is
young. She holds within herself the future of the world and therefore shows each
of us the way towards the future. The Church is alive and we are seeing it: we
are experiencing the joy that the Risen Lord promised his followers. The Church
is alive – she is alive because Christ is alive, because he is truly risen. In
the suffering that we saw on the Holy Father’s face in those days of Easter,
we contemplated the mystery of Christ’s Passion and we touched his wounds. But
throughout these days we have also been able, in a profound sense, to touch the
Risen One. We have been able to experience the joy that he promised, after a
brief period of darkness, as the fruit of his resurrection. The
Church is alive – with these words, I greet with great joy and gratitude all
of you gathered here, my venerable brother Cardinals and Bishops, my dear
priests, deacons, Church workers, catechists. I greet you, men and women
Religious, witnesses of the transfiguring presence of God. I greet you, members
of the lay faithful, immersed in the great task of building up the Dear
friends! At this moment there is no need for me to present a programme of
governance. I was able to give an indication of what I see as my task in my
Message of Wednesday 20 April, and there will be other opportunities to do so.
My real programme of governance is not to do my own will, not to pursue my own
ideas, but to listen, together with the whole Church, to the word and the will
of the Lord, to be guided by Him, so that He himself will lead the Church at
this hour of our history. Instead of putting forward a programme, I should
simply like to comment on the two liturgical symbols which represent the
inauguration of the Petrine Ministry; both these symbols, moreover, reflect
clearly what we heard proclaimed in today’s readings. The
first symbol is the Pallium, woven in pure wool, which will be placed on my
shoulders. This ancient sign, which the Bishops of Rome have worn since the
fourth century, may be considered an image of the yoke of Christ, which the
Bishop of this City, the Servant of the Servants of God, takes upon his
shoulders. God’s yoke is God’s will, which we accept. And this will does not
weigh down on us, oppressing us and taking away our freedom. To know what God
wants, to know where the path of life is found – this was One
of the basic characteristics of a shepherd must be to love the people entrusted
to him, even as he loves Christ whom he serves. "Feed my sheep", says
Christ to Peter, and now, at this moment, he says it to me as well. Feeding
means loving, and loving also means being ready to suffer. Loving means giving
the sheep what is truly good, the nourishment of God’s truth, of God’s word,
the nourishment of his presence, which he gives us in the Blessed Sacrament. My
dear friends – at this moment I can only say: pray for me, that I may learn to
love the Lord more and more. Pray for me, that I may learn to love his flock
more and more – in other words, you, the holy Church, each one of you and all
of you together. Pray for me, that I may not flee for fear of the wolves. Let us
pray for one another, that the Lord will carry us and that we will learn to
carry one another. The
second symbol used in today’s liturgy to express the inauguration of the
Petrine Ministry is the presentation of the fisherman’s ring. Peter’s call
to be a shepherd, which we heard in the Gospel, comes after the account of a
miraculous catch of fish: after a night in which the disciples had let down
their nets without success, they see the Risen Lord on the shore. He tells them
to let down their nets once more, and the nets become so full that they can
hardly pull them in; 153 large fish: "and although there were so many, the
net was not torn" (Jn Here
I want to add something: both the image of the shepherd and that of the
fisherman issue an explicit call to unity. "I have other sheep that are not
of this fold; I must lead them too, and they will heed my voice. So there shall
be one flock, one shepherd" (Jn At
this point, my mind goes back to Texte
en espagnol venerables
Hermanos en el episcopado y en el sacerdocio, distinguidas
Autoridades y Miembros del Cuerpo diplomático, queridos
Hermanos y Hermanas Por tres veces nos ha acompañado en estos días tan intensos el canto de
las letanías de los santos: durante los funerales de nuestro Santo Padre Juan
Pablo II; con ocasión de la entrada de los Cardenales en Cónclave, y también
hoy, cuando las hemos cantado de nuevo con la invocación: Tu illum adiuva,
asiste al nuevo sucesor de San Pedro. He oído este canto orante cada vez de un
modo completamente singular, como un gran consuelo. ¡Cómo nos hemos sentido
abandonados tras el fallecimiento de Juan Pablo II! El Papa que durante 26 años
ha sido nuestro pastor y guía en el camino a través de nuestros tiempos. Él
cruzó el umbral hacia la otra vida, entrando en el misterio de Dios. Pero no
dio este paso en solitario. Quien cree, nunca está solo; no lo está en la vida
ni tampoco en la muerte. En aquellos momentos hemos podido invocar a los santos
de todos los siglos, sus amigos, sus hermanos en la fe, sabiendo que serían el
cortejo viviente que lo acompañaría en el más allá, hasta la gloria de Dios.
Nosotros sabíamos que allí se esperaba su llegada. Ahora sabemos que él está
entre los suyos y se encuentra realmente en su casa. Hemos sido consolados de
nuevo realizando la solemne entrada en cónclave para elegir al que el Dios había
escogido. ¿Cómo podíamos reconocer su nombre? ¿Cómo 115 Obispos,
procedentes de todas las culturas y países, podían encontrar a quien Dios quería
otorgar la misión de atar y desatar? Una vez más, lo sabíamos; sabíamos que
no estamos solos, que estamos rodeados, guiados y conducidos por los amigos de
Dios. Y ahora, en este momento, yo, débil siervo de Dios, he de asumir este
cometido inaudito, que supera realmente toda capacidad humana. ¿Cómo puedo
hacerlo? ¿Cómo seré capaz de llevarlo a cabo? Todo vosotros, queridos amigos,
acabáis de invocar a toda la muchedumbre de los santos, representada por
algunos de los grandes nombres de la historia que Dios teje con los hombres. De
este modo, también en mí se reaviva esta conciencia: no estoy solo. No tengo
que llevar yo solo lo que, en realidad, nunca podría soportar yo solo. La
muchedumbre de los santos de Dios me protege, me sostiene y me conduce. Y me
acompañan, queridos amigos, vuestra indulgencia, vuestro amor, vuestra fe y
vuestra esperanza. En efecto, a la comunidad de los santos no pertenecen sólo
las grandes figuras que nos han precedido y cuyos nombres conocemos. Todo
nosotros somos la comunidad de los santos; nosotros, bautizados en el nombre del
Padre, del Hijo y del Espíritu Santo; nosotros, que vivimos del don de la carne
y la sangre de Cristo, por medio del cual quiere transformarnos y hacernos
semejantes a sí mismo. Sí, la Iglesia está viva; ésta es la maravillosa
experiencia de estos días. Precisamente en los tristes días de la enfermedad y
la muerte del Papa, algo se ha manifestado de modo maravilloso ante nuestros
ojos: que la Iglesia está viva. Y la Iglesia es joven. Ella lleva en sí misma
el futuro del mundo y, por tanto, indica también a cada uno de nosotros la vía
hacia el futuro. La Iglesia está viva y nosotros lo vemos: experimentamos la
alegría que el Resucitado ha prometido a los suyos. La Iglesia está viva; está
viva porque Cristo está vivo, porque él ha resucitado verdaderamente. En el
dolor que aparecía en el rostro del Santo Padre en los días de Pascua, hemos
contemplado el misterio de la pasión de Cristo y tocado al mismo tiempo sus
heridas. Pero en todos estos días también hemos podido tocar, en un sentido
profundo, al Resucitado. Hemos podido experimentar la alegría que él ha
prometido, después de un breve tiempo de oscuridad, como fruto de su resurrección. La Iglesia está viva: de este modo saludo con gran gozo y gratitud a todos
vosotros que estáis aquí reunidos, venerables Hermanos Cardenales y Obispos,
queridos sacerdotes, diáconos, agentes de pastoral y catequistas. Os saludo a
vosotros, religiosos y religiosas, testigos de la presencia transfigurante de
Dios. Os saludo a vosotros, fieles laicos, inmersos en el gran campo de la
construcción del Reino de Dios que se expande en el mundo, en cualquier
manifestación de la vida. El saludo se llena de afecto al dirigirlo también a
todos los que, renacidos en el sacramento del Bautismo, aún no están en plena
comunión con nosotros; y a vosotros, hermanos del pueblo hebreo, al que estamos
estrechamente unidos por un gran patrimonio espiritual común, que hunde sus raíces
en las irrevocables promesas de Dios. Pienso, en fin – casi como una onda que
se expande – en todos los hombres de nuestro tiempo, creyente y no creyentes. ¡Queridos amigos! En este momento no necesito presentar un programa de
gobierno. Algún rasgo de lo que considero mi tarea, la he podido exponer ya en
mi mensaje del miércoles, 20 de abril; no faltarán otras ocasiones para
hacerlo. Mi verdadero programa de gobierno es no hacer mi voluntad, no seguir
mis propias ideas, sino de ponerme, junto con toda la Iglesia, a la escucha de
la palabra y de la voluntad del Señor y dejarme conducir por Él, de tal modo
que sea él mismo quien conduzca a la Iglesia en esta hora de nuestra historia.
En lugar de exponer un programa, desearía más bien intentar comentar
simplemente los dos signos con los que se representa litúrgicamente el inicio
del Ministerio Petrino; por lo demás, ambos signos reflejan también
exactamente lo que se ha proclamado en las lecturas de hoy. El primer signo es el palio, tejido de lana pura, que se me pone sobre los
hombros. Este signo antiquísimo, que los Obispos de Roma llevan desde el siglo
IV, puede ser considerado como una imagen del yugo de Cristo, que el Obispo de
esta ciudad, el Siervo de los Siervos de Dios, toma sobre sus hombros. El yugo
de Dios es la voluntad de Dios que nosotros acogemos. Y esta voluntad no es un
peso exterior, que nos oprime y nos priva de la libertad. Conocer lo que Dios
quiere, conocer cuál es la vía de la vida, era la alegría de Israel, su gran
privilegio. Ésta es también nuestra alegría: la voluntad de Dios, en vez de
alejarnos de nuestra propia identidad, nos purifica – quizás a veces de
manera dolorosa – y nos hace volver de este modo a nosotros mismos. Y así, no
servimos solamente Él, sino también a la salvación de todo el mundo, de toda
la historia. En realidad, el simbolismo del Palio es más concreto aún: la lana
de cordero representa la oveja perdida, enferma o débil, que el pastor lleva a
cuestas para conducirla a las aguas de la vida. La parábola de la oveja
perdida, que el pastor busca en el desierto, fue para los Padres de la Iglesia
una imagen del misterio de Cristo y de la Iglesia. La humanidad – todos
nosotros – es la oveja descarriada en el desierto que ya no puede encontrar la
senda. El Hijo de Dios no consiente que ocurra esto; no puede abandonar la
humanidad a una situación tan miserable. Se alza en pie, abandona la gloria del
cielo, para ir en busca de la oveja e ir tras ella, incluso hasta la cruz. La
pone sobre sus hombros, carga con nuestra humanidad, nos lleva a nosotros
mismos, pues Él es el buen pastor, que ofrece su vida por las ovejas. El Palio
indica primeramente que Cristo nos lleva a todos nosotros. Pero, al mismo
tiempo, nos invita a llevarnos unos a otros. Se convierte así en el símbolo de
la misión del pastor del que hablan la segunda lectura y el Evangelio de hoy.
La santa inquietud de Cristo ha de animar al pastor: no es indiferente para él
que muchas personas vaguen por el desierto. Y hay muchas formas de desierto: el
desierto de la pobreza, el desierto del hambre y de la sed; el desierto del
abandono, de la soledad, del amor quebrantado. Existe también el desierto de la
oscuridad de Dios, del vacío de las almas que ya no tienen conciencia de la
dignidad y del rumbo del hombre. Los desiertos exteriores se multiplican en el
mundo, porque se han extendido los desiertos interiores. Por eso, los tesoros de
la tierra ya no están al servicio del cultivo del jardín de Dios, en el que
todos puedan vivir, sino subyugados al poder de la explotación y la destrucción.
La Iglesia en su conjunto, así como sus Pastores, han de ponerse en camino como
Cristo para rescatar a los hombres del desierto y conducirlos al lugar de la
vida, hacia la amistad con el Hijo de Dios, hacia Aquel que nos da la vida, y la
vida en plenitud. El símbolo del cordero tiene todavía otro aspecto. Era
costumbre en el antiguo Oriente que los reyes se llamaran a sí mismos pastores
de su pueblo. Era una imagen de su poder, una imagen cínica: para ellos, los
pueblos eran como ovejas de las que el pastor podía disponer a su agrado. Por
el contrario, el pastor de todos los hombres, el Dios vivo, se ha hecho él
mismo cordero, se ha puesto de la parte de los corderos, de los que son
pisoteados y sacrificados. Precisamente
así se revela Él Una de las características fundamentales del pastor debe ser amar a los
hombres que le han sido confiados, tal como ama Cristo, a cuyo servicio está.
"Apacienta mis ovejas", dice Cristo a Pedro, y también a mí, en este
momento. Apacentar quiere decir amar, y amar quiere decir también estar
dispuestos a sufrir. Amar significa dar el verdadero bien a las ovejas, el
alimento de la verdad de Dios, de la palabra de Dios; el alimento de su
presencia, que él nos da en el Santísimo Sacramento. Queridos amigos, en este
momento sólo puedo decir: rogad por mí, para que aprenda a amar cada vez más
al Señor. Rogad por mí, para que aprenda a querer cada vez más a su rebaño,
a vosotros, a la Santa Iglesia, a cada uno de vosotros, tanto personal como
comunitariamente. Rogad por mí, para que, por miedo, no huya ante los lobos.
Roguemos unos por otros para que sea el Señor quien nos lleve y nosotros
aprendamos a llevarnos unos a otros. El segundo signo con el cual la liturgia de hoy representa el comienzo del
Ministerio Petrino es la entrega del anillo del pescador. La llamada de Pedro a
ser pastor, que hemos oído en el Evangelio, viene después de la narración de
una pesca abundante; después de una noche en la que echaron las redes sin éxito,
los discípulos vieron en la orilla al Señor resucitado. Él les manda volver a
pescar otra vez, y he aquí que la red se llena tanto que no tenían fuerzas
para sacarla; había 153 peces grandes y, "aunque eran tantos, no se rompió
la red" (Jn 21, 11). Este relato al final del camino terrenal de Jesús
con sus discípulos, se corresponde con uno del principio: tampoco entonces los
discípulos habían pescado nada durante toda la noche; también entonces Jesús
invitó a Simón a remar mar adentro. Y Simón, que todavía no se llamaba
Pedro, dio aquella admirable respuesta: "Maestro, por tu palabra echaré
las redes". Se le confió entonces la misión: "No temas, desde ahora
serás pescador de hombres" (Lc 5, 1.11). También hoy se dice a la
Iglesia y a los sucesores de los apóstoles que se adentren en el mar de la
historia y echen las redes, para conquistar a los hombres para el Evangelio,
para Dios, para Cristo, para la vida verdadera. Los
Padres han dedicado también un comentario muy particular a esta tarea singular.
Dicen así: para el pez, creado para vivir en el
agua, resulta mortal sacarlo del mar. Se le priva de su elemento vital para
convertirlo en alimento del hombre. Pero en la misión del pescador de hombres
ocurre lo contrario. Los hombres vivimos alienados, en las aguas saladas del
sufrimiento y de la muerte; en un mar de oscuridad, sin luz. La red del
Evangelio nos rescata de las aguas de la muerte y nos lleva al resplandor de la
luz de Dios, en la vida verdadera. Así es, efectivamente: en la misión de
pescador de hombres, siguiendo a Cristo, hace falta sacar a los hombres del mar
salado por todas las alienaciones y llevarlo a la tierra de la vida, a la luz de
Dios. Así es, en verdad: nosotros existimos para enseñar Dios a los hombres. Y
únicamente donde se ve a Dios, comienza realmente la vida. Sólo cuando
encontramos en Cristo al Dios vivo, conocemos lo que es la vida. No somos el
producto casual y sin sentido de la evolución. Cada uno de nosotros es el fruto
de un pensamiento de Dios. Cada uno de nosotros es querido, cada uno es amado,
cada uno es necesario. Nada hay más hermoso que haber sido alcanzados,
sorprendidos, por el Evangelio, por Cristo. Nada más bello que conocerle y
comunicar a los otros la amistad con él. La tarea del pastor, del pescador de
hombres, puede parecer a veces gravosa. Pero es gozosa y grande, porque en
definitiva es un servicio a la alegría, a la alegría de Dios que quiere hacer
su entrada en el mundo. Quisiera ahora destacar todavía una cosa: tanto en la imagen del pastor
como en la del pescador, emerge de manera muy explícita la llamad a la unidad.
"Tengo , además, otras ovejas que no son de este redil; también a ésas
las tengo que traer, y escucharán mi voz y habrá un solo rebaño, un solo
Pastor" (Jn 10, 16), dice Jesús al final del discurso del buen pastor. Y
el relato de los 153 peces grandes termina con la gozosa constatación: "Y
aunque eran tantos, no se rompió la red" (Jn 21, 11). ¡Ay de mí,
Señor amado! ahora la red se ha roto, quisiéramos decir doloridos. Pero no, ¡no
debemos estar tristes! Alegrémonos por tu promesa que no defrauda y hagamos
todo lo posible para recorrer el camino hacia la unidad que tú has prometido.
Hagamos memoria de ella en la oración al Señor, como mendigos; sí, Señor,
acuérdate de lo que prometiste. ¡Haz que seamos un solo pastor y una sola
grey! ¡No permitas que se rompa tu red y ayúdanos a ser servidores de la
unidad! En este momento mi recuerdo vuelve al 22 de octubre de
1978, cuando el Papa Juan Pablo II inició su ministerio aquí en la Plaza de
San Pedro. Todavía, y continuamente, resuenan en mis oídos sus palabras de
entonces: "¡No temáis! ¡Abrid, más todavía, abrid de par en par las
puertas a Cristo!" El Papa hablaba a los fuertes, a los poderosos del
mundo, los cuales tenían miedo de que Cristo pudiera quitarles algo de su
poder, si lo hubieran dejado entrar y hubieran concedido la libertad a la fe.
Sí, él ciertamente les habría quitado algo: el dominio de la corrupción,
del quebrantamiento del derecho y de la arbitrariedad. Pero no les habría
quitado nada de lo que pertenece a la libertad del hombre, a su dignidad, a la
edificación de una sociedad justa. Además, el Papa hablaba a todos los
hombres, sobre todo a los jóvenes. ¿Acaso no tenemos todos de algún modo
miedo – si dejamos entrar a Cristo totalmente dentro de nosotros, si nos
abrimos totalmente a él –, miedo de que él pueda quitarnos algo de nuestra
vida? ¿Acaso no tenemos miedo de renunciar a algo grande, único, que hace la
vida más bella? ¿No corremos el riesgo de encontrarnos luego en la angustia
y vernos privados de la libertad? Y todavía el Papa quería decir: ¡no!
quien deja entrar a Cristo no pierde nada, nada – absolutamente nada – de
lo que hace la vida libre, bella y grande. ¡No! Sólo con esta amistad se
abren las puertas de la vida. Sólo con esta amistad se abren realmente las
grandes potencialidades de la condición humana. Sólo con esta amistad
experimentamos lo que es bello y lo que nos libera. Así, hoy, yo quisiera,
con gran fuerza y gran convicción, a partir de la experiencia de una larga
vida personal, decir a todos vosotros, queridos jóvenes: ¡No tengáis miedo
de Cristo! Él no quita nada, y lo da todo. Quien se da a él, recibe el
ciento por uno. Sí, abrid, abrid de par en par las puertas a Cristo, y
encontraréis la verdadera vida. Amén. Texte
en allemand verehrte
Brüder im Bischofs- und Priesteramt, sehr
geehrte Staatsoberhäupter, Mitglieder der offiziellen Delegationen und des
Diplomatischen Corps, liebe
Brüder und Schwestern! Dreimal hat uns in diesen ereignisreichen Tagen der
Gesang der Allerheiligenlitanei begleitet: beim Begräbnis unseres
heimgegangenen Heiligen Vaters Johannes Pauls II.; beim Einzug der Kardinäle
ins Konklave, und jetzt haben wir es soeben wieder gesungen mit der Bitte: Tu
illum adiuva - sostieni il nuovo successore di S. Pietro. Jedes Mal
habe ich auf eigene Weise dieses gesungene Gebet als großen Trost empfunden.
Wie verlassen fühlten wir uns nach dem Heimgang von Johannes Paul II., der gut
26 Jahre unser Hirt und Führer auf dem Weg durch diese Zeit gewesen war. Nun
hatte er die Schwelle ins andere Leben – ins Geheimnis Gottes hinein überschritten.
Aber er ging nicht allein. Wer glaubt, ist nie allein – im Leben nicht und
auch im Sterben nicht. Nun konnten wir die Heiligen aller Jahrhunderte
herbeirufen – seine Freunde, seine Geschwister im Glauben. Und wir wußten, daß
sie gleichsam das lebendige Fahrzeug sein würden, das ihn hinüber- und
hinaufträgt zur Höhe Gottes. Wir wußten, wenn er ankommt, wird er erwartet.
Er ist unter den Seinen, und er ist wahrhaft zu Hause. Wiederum war es so, als
wir den schweren Zug ins Konklave gingen, um den zu finden, den der Herr erwählt
hat. Wie sollten wir nur den Namen erkennen? Wie sollten 115 Bischöfe aus allen
Kulturen und Ländern den finden, dem der Herr den Auftrag des Bindens und des Lösens
geben möchte? Aber wieder wußten wir: Wir sind nicht allein. Wir sind von den
Freunden Gottes umgeben, geleitet und geführt. Und nun, in dieser Stunde, muß
ich schwacher Diener Gottes diesen unerhörten Auftrag übernehmen, der doch
alles menschliche Vermögen überschreitet. Wie sollte ich das? Wie kann ich
das? Aber Ihr alle, liebe Freunde, habt nun die ganze Schar der Heiligen
stellvertretend durch einige der großen Namen der Geschichte Gottes mit den
Menschen herbeigerufen, und so darf auch ich wissen: Ich bin nicht allein. Ich
brauche nicht allein zu tragen, was ich wahrhaftig allein nicht tragen könnte.
Die Schar der Heiligen Gottes schützt und stützt und trägt mich. Und Euer
Gebet, liebe Freunde, Eure Nachsicht, Eure Liebe, Euer Glaube und Euer Hoffen
begleitet mich. Denn zur Gemeinschaft der Heiligen gehören nicht nur die großen
Gestalten, die uns vorangegangen sind und deren Namen wir kennen. Die
Gemeinschaft der Heiligen sind wir alle, die wir auf den Namen von Vater, Sohn
und Heiligen Geist getauft sind und die wir von der Gabe des Fleisches und
Blutes Christi leben, durch die er uns verwandeln und sich gleich gestalten
will. Ja, die Kirche lebt – das ist die wunderbare Erfahrung dieser Tage.
Durch alle Traurigkeit von Krankheit und Tod des Papstes hindurch ist uns dies
auf wunderbare Weise sichtbar geworden: Die Kirche lebt. Und die Kirche ist
jung. Sie trägt die Zukunft der Welt in sich und zeigt daher auch jedem
einzelnen den Weg in die Zukunft. Die Kirche lebt – wir sehen es, und wir spüren
die Freude, die der Auferstandene den Seinen verheißen hat. Die Kirche lebt –
sie lebt, weil Christus lebt, weil er wirklich auferstanden ist. Wir haben an
dem Schmerz, der auf dem Gesicht des Heiligen Vaters in den Ostertagen lag, das
Geheimnis von Christi Leiden angeschaut und gleichsam seine Wunden berührt.
Aber wir haben in all diesen Tagen auch den Auferstandenen in einem tiefen Sinn
berühren dürfen. Wir dürfen die Freude verspüren, die er nach der kurzen
Weile des Dunkels als Frucht seiner Auferstehung verheißen hat. Die Kirche lebt – so begrüße ich in großer Freude
und Dankbarkeit Euch alle, die Ihr hier versammelt seid, verehrte Kardinäle und
Mitbrüder im Bischofsamt, liebe Priester, Diakone, pastorale Mitarbeiter und
Katechisten. Ich grüße Euch, gottgeweihte Männer und Frauen, Zeugen der
verwandelnden Gegenwart Gottes. Ich grüße Euch, gläubige Laien, die Ihr
eingetaucht seid in den weiten Raum des Aufbaus von Gottes Reich, das sich über
die Welt in allen Bereichen des Lebens ausspannt. Voller Zuneigung richte ich
meinen Gruß auch an alle, die, im Sakrament der Taufe wiedergeboren, noch nicht
in voller Gemeinschaft mit uns stehen; sowie an Euch, Brüder aus dem jüdischen
Volk, mit dem wir durch ein großes gemeinsames geistliches Erbe verbunden sind,
das in den unwiderruflichen Verheißungen Gottes seine Wurzeln schlägt. Schließlich
gehen meine Gedanken – gleichsam wie eine Welle, die sich ausbreitet – zu
allen Menschen unserer Zeit, zu den Glaubenden und zu den Nichtglaubenden. Liebe Freunde! Ich brauche in dieser Stunde keine Art
von Regierungsprogramm vorzulegen; einige Grundzüge dessen, was ich als meine
Aufgabe ansehe, habe ich schon in meiner Botschaft vom Mittwoch, dem 20. April,
vortragen können; andere Gelegenheiten werden folgen. Das eigentliche
Regierungsprogramm aber ist, nicht meinen Willen zu tun, nicht meine Ideen
durchzusetzen, sondern gemeinsam mit der ganzen Kirche auf Wort und Wille des
Herrn zu lauschen und mich von ihm führen zu lassen, damit er selbst die Kirche
führe in dieser Stunde unserer Geschichte. Statt eines Programms möchte ich
einfach die beiden Zeichen auszulegen versuchen, mit denen die In-Dienst-Nahme für
die Nachfolge des heiligen Petrus liturgisch dargestellt wird; beide Zeichen
spiegeln übrigens auch genau das, was in den Lesungen dieses Tages gesagt wird. Das erste Zeichen ist das Pallium, ein Gewebe aus
reiner Wolle, das mir um die Schultern gelegt wird. Dieses uralte Zeichen, das
die Bischöfe von Rom seit dem 4. Jahrhundert tragen, mag zunächst einfach ein
Bild sein für das Joch Christi, das der Bischof dieser Stadt, der Knecht der
Knechte Gottes auf seine Schultern nimmt. Das Joch Gottes – das ist der Wille
Gottes, den wir annehmen. Und dieser Wille ist für uns nicht eine fremde Last,
die uns drückt und die uns unfrei macht. Zu wissen, was Gott will, zu wissen,
was der Weg des Lebens ist – das war die Freude Israels, die es als eine große
Auszeichnung erkannte. Das ist auch unsere Freude: Der Wille Gottes entfremdet
uns nicht, er reinigt uns – und das kann weh tun – aber so bringt er uns zu
uns selber, und so dienen wir nicht nur ihm, sondern dem Heil der ganzen Welt,
der ganzen Geschichte. Aber die Symbolik des Palliums ist konkreter: Aus der
Wolle von Lämmern gewoben will es das verirrte Lamm oder auch das kranke und
schwache Lamm darstellen, das der Hirt auf seine Schultern nimmt und zu den
Wassern des Lebens trägt. Das Gleichnis vom verlorenen Schaf, dem der Hirte in
die Wüste nachgeht, war für die Kirchenväter ein Bild für das Geheimnis
Christi und der Kirche. Die Menschheit, wir alle, sind das verlorene Schaf, das
in der Wüste keinen Weg mehr findet. Den Sohn Gottes leidet es nicht im Himmel;
er kann den Menschen nicht in solcher Not stehen lassen. Er steht selber auf,
verläßt des Himmels Herrlichkeit, um das Schaf zu finden und geht ihm nach bis
zum Kreuz. Er lädt es auf die Schulter, er trägt unser Menschsein, er trägt
uns – er ist der wahre Hirt, der für das Schaf sein eigenes Leben gibt. Das
Pallium sagt uns zuallererst, daß wir alle von Christus getragen werden. Aber
er fordert uns zugleich auf, einander zu tragen. So wird das Pallium zum
Sinnbild für die Sendung des Hirten, von der die zweite Lesung und das
Evangelium sprechen. Den Hirten muß die heilige Unruhe Christi beseelen, dem es
nicht gleichgültig ist, daß so viele Menschen in der Wüste leben. Und es gibt
vielerlei Arten von Wüsten. Es gibt die Wüste der Armut, die Wüste des
Hungers und des Durstes. Es gibt die Wüste der Verlassenheit, der Einsamkeit,
der zerstörten Liebe. Es gibt die Wüste des Gottesdunkels, der Entleerung der
Seelen, die nicht mehr um die Würde und um den Weg des Menschen wissen. Die äußeren
Wüsten wachsen in der Welt, weil die inneren Wüsten so groß geworden sind.
Deshalb dienen die Schätze der Erde nicht mehr dem Aufbau von Gottes Garten, in
dem alle leben können, sondern dem Ausbau von Mächten der Zerstörung. Die
Kirche als Ganze und die Hirten in ihr müssen wie Christus sich auf den Weg
machen, um die Menschen aus der Wüste herauszuführen zu den Orten des Lebens
– zur Freundschaft mit dem Sohn Gottes, der uns Leben schenkt, Leben in Fülle.
Das Symbol des Lammes hat aber auch noch eine andere Seite. Im alten Orient war
es üblich, daß die Könige sich als Hirten ihrer Völker bezeichneten. Dies
war ein Bild ihrer Macht, ein zynisches Bild: Die Völker waren wie Schafe für
sie, über die der Hirte verfügt. Der wahre Hirte aller Menschen, der lebendige
Gott, ist selbst zum Lamm geworden, er hat sich auf die Seite der Lämmer, der
Getretenen und Geschlachteten gestellt. Gerade so zeigt er sich als der
wirkliche Hirt. „Ich bin der wahre Hirte... Ich gebe mein Leben für die
Schafe", sagt Jesus von sich (Joh 10, 14f). Nicht die Gewalt erlöst,
sondern die Liebe. Sie ist das Zeichen Gottes, der selbst die Liebe ist. Wie oft
wünschten wir, daß Gott sich stärker zeigen würde. Daß er dreinschlagen würde,
das Böse ausrotten und die bessere Welt schaffen. Alle Ideologien der Gewalt
rechtfertigen sich mit diesen Motiven: Es müsse auf solche Weise zerstört
werden, was dem Fortschritt und der Befreiung der Menschheit entgegenstehe. Wir
leiden unter der Geduld Gottes. Und doch brauchen wir sie alle. Der Gott, der
Lamm wurde, sagt es uns: Die Welt wird durch den Gekreuzigten und nicht durch
die Kreuziger erlöst. Die Welt wird durch die Geduld Gottes erlöst und durch
die Ungeduld der Menschen verwüstet. So muß es eine Haupteigenschaft des Hirten sein, daß
er die Menschen liebt, die ihm anvertraut sind, weil und wie er Christus liebt,
in dessen Diensten er steht. „Weide meine Schafe", sagt Christus zu
Petrus, sagt er nun zu mir. Weiden heißt lieben, und lieben heißt auch, bereit
sein zu leiden. Und lieben heißt: den Schafen das wahrhaft Gute zu geben, die
Nahrung von Gottes Wahrheit, von Gottes Wort, die Nahrung seiner Gegenwart, die
er uns in den heiligen Sakramenten schenkt. Liebe Freunde – in dieser Stunde
kann ich nur sagen: Betet für mich, daß ich den Herrn immer mehr lieben lerne.
Betet für mich, daß ich seine Herde – Euch, die heilige Kirche, jeden
einzelnen und alle zusammen immer mehr lieben lerne. Betet für mich, daß ich
nicht furchtsam vor den Wölfen fliehe. Beten wir füreinander, daß der Herr
uns trägt und daß wir durch ihn einander zu tragen lernen. Das zweite Zeichen, mit dem in der Liturgie dieses
Tages die Einsetzung in das Petrusamt dargestellt wird, ist die Übergabe des
Fischerrings. Die Berufung Petri zum Hirten, die wir im Evangelium gehört
haben, folgt auf die Geschichte von einem reichen Fischfang: Nach einer Nacht,
in der die Jünger erfolglos die Netze ausgeworfen hatten, sahen sie den
auferstanden Herrn am Ufer. Er befiehlt ihnen, noch einmal auf Fang zu gehen,
und nun wird das Netz so voll, daß sie es nicht wieder einholen können: 153
große Fische. „Und obwohl es so viele waren, zerriß das Netz nicht" (Joh
21, 11). Diese Geschichte am Ende der Wege Jesu mit seinen Jüngern antwortet
auf eine Geschichte am Anfang: Auch da hatten die Jünger die ganze Nacht nichts
gefischt; auch da fordert Jesus den Simon auf, noch einmal auf den See
hinauszufahren. Und Simon, der noch nicht Petrus heißt, gibt die wunderbare
Antwort: Meister, auf dein Wort hin werfe ich die Netze aus. Und nun folgt der
Auftrag: „Fürchte dich nicht! Von jetzt an wirst du Menschen fischen" (Lk
5, 1 – 11). Auch heute ist es der Kirche und den Nachfolgern der Apostel
aufgetragen, ins hohe Meer der Geschichte hinauszufahren und die Netze
auszuwerfen, um Menschen für das Evangelium – für Gott, für Christus, für
das wahre Leben – zu gewinnen. Die Väter haben auch diesem Vorgang eine ganz
eigene Auslegung geschenkt. Sie sagen: Für den Fisch, der für das Wasser
geschaffen ist, ist es tödlich, aus dem Meer geholt zu werden. Er wird seinem
Lebenselement entrissen, um dem Menschen zur Nahrung zu dienen. Aber beim
Auftrag der Menschenfischer ist es umgekehrt. Wir Menschen leben entfremdet, in
den salzigen Wassern des Leidens und des Todes; in einem Meer des Dunkels ohne
Licht. Das Netz des Evangeliums zieht uns aus den Wassern des Todes heraus und
bringt uns ans helle Licht Gottes, zum wirklichen Leben. In der Tat – darum
geht es beim Auftrag des Menschenfischers in der Nachfolge Christi, die Menschen
aus dem Salzmeer all unserer Entfremdungen ans Land des Lebens, zum Licht Gottes
zu bringen. In der Tat: Dazu sind wir da, den Menschen Gott zu zeigen. Und erst
wo Gott gesehen wird, beginnt das Leben richtig. Erst wo wir dem lebendigen Gott
in Christus begegnen, lernen wir, was Leben ist. Wir sind nicht das zufällige
und sinnlose Produkt der Evolution. Jeder von uns ist Frucht eines Gedankens
Gottes. Jeder ist gewollt, jeder ist geliebt, jeder ist gebraucht. Es gibt
nichts Schöneres, als vom Evangelium, von Christus gefunden zu werden. Es gibt
nichts Schöneres, als ihn zu kennen und anderen die Freundschaft mit ihm zu
schenken. Die Arbeit des Hirten, des Menschenfischers mag oft mühsam
erscheinen. Aber sie ist schön und groß, weil sie letzten Endes Dienst an der
Freude Gottes ist, die in der Welt Einzug halten möchte. Noch eins möchte ich hier anmerken: Sowohl beim
Hirtenbild wie beim Bild vom Fischer taucht der Ruf zur Einheit ganz nachdrücklich
auf. „Ich habe noch andere Schafe, die nicht aus diesem Stall sind; sie muß
ich führen, und sie werden auf meine Stimme hören; dann wird es nur eine Herde
geben und einen Hirten" (Joh 10, 16), sagt Jesus am Ende der
Hirtenrede. Und das Wort von den 153 großen Fischen endet mit der freudigen
Feststellung: „Und obwohl es so viele waren, zerriß das Netz nicht" (Joh
21, 11). Ach, lieber Herr, nun ist es doch zerrissen, möchten wir klagend
sagen. Aber nein – klagen wir nicht! Freuen wir uns über die Verheißung, die
nicht trügt und tun wir das Unsrige, auf der Spur der Verheißung zu gehen, der
Einheit entgegen. Erinnern wir bittend und bettelnd den Herrn daran: Ja, Herr,
gedenke deiner Zusage. Laß einen Hirten und eine Herde sein. Laß dein Netz
nicht zerreißen, und hilf uns Diener der Einheit zu sein! In
dieser Stunde geht meine Erinnerung zurück zum 22. Oktober 1978, als Papst
Johannes Paul II. hier auf dem Petersplatz sein Amt übernahm. Immer noch und
immer wieder klingen mir seine Worte von damals in den Ohren: Non
abbiatepaura: Aprite, anzi spalancate le porte a Cristo! Der Papst sprach
zu den Starken, zu den Mächtigen der Welt, die Angst hatten, Christus könnte
ihnen etwas von ihrer Macht wegnehmen, wenn sie ihn einlassen und die Freiheit
zum Glauben geben würden. Ja, er würde ihnen schon etwas wegnehmen: die
Herrschaft der Korruption, der Rechtsbeugung, der Willkür. Aber er würde
nichts wegnehmen von dem, was zur Freiheit des Menschen, zu seiner Würde, zum
Aufbau einer rechten Gesellschaft gehört. Und der Papst sprach zu den
Menschen, besonders zu den jungen Menschen. Haben wir nicht alle irgendwie
Angst, wenn wir Christus ganz herein lassen, uns ihm ganz öffnen, könnte uns
etwas genommen werden von unserem Leben? Müssen wir dann nicht auf so vieles
verzichten, was das Leben erst so richtig schön macht? Würden wir nicht
eingeengt und unfrei? Und wiederum wollte der Papst sagen: Nein. Wer Christus
einläßt, dem geht nichts, nichts – gar nichts verloren von dem, was das
Leben frei, schön und groß macht. Nein, erst in dieser Freundschaft öffnen
sich die Türen des Lebens. Erst in dieser Freundschaft gehen überhaupt die
großen Möglichkeiten des Menschseins auf. Erst in dieser Freundschaft
erfahren wir, was schön und was befreiend ist. So möchte ich heute mit großem
Nachdruck und großer Überzeugung aus der Erfahrung eines eigenen langen
Lebens Euch, liebe junge Menschen, sagen: Habt keine Angst vor Christus! Er
nimmt nichts, und er gibt alles. Wer sich ihm gibt, der erhält alles
hundertfach zurück. Ja, aprite, spalancate le porte a Cristo – dann
findet Ihr das wirkliche Leben. Amen. Texte
en italien venerati
Fratelli nell’episcopato e nel sacerdozio, distinte
Autorità e Membri del Corpo diplomatico, carissimi
Fratelli e Sorelle! Per ben tre volte, in questi giorni così intensi, il canto delle litanie
dei santi ci ha accompagnato: durante i funerali del nostro Santo Padre Giovanni
Paolo II; in occasione dell'ingresso dei Cardinali in Conclave, ed anche oggi,
quando le abbiamo nuovamente cantate con l'invocazione: Tu illum adiuva -
sostieni il nuovo successore di San Pietro. Ogni volta in un modo del tutto
particolare ho sentito questo canto orante come una grande consolazione. Quanto
ci siamo sentiti abbandonati dopo la dipartita di Giovanni Paolo II! Il Papa che
per ben 26 anni è stato nostro pastore e guida nel cammino attraverso questo
tempo. Egli varcava la soglia verso l'altra vita - entrando nel mistero di Dio.
Ma non compiva questo passo da solo. Chi crede, non è mai solo - non lo è
nella vita e neanche nella morte. In quel momento noi abbiamo potuto invocare i
santi di tutti i secoli - i suoi amici, i suoi fratelli nella fede, sapendo che
sarebbero stati il corteo vivente che lo avrebbe accompagnato nell'aldilà, fino
alla gloria di Dio. Noi sapevamo che il suo arrivo era atteso. Ora sappiamo che
egli è fra i suoi ed è veramente a casa sua. Di nuovo, siamo stati consolati
compiendo il solenne ingresso in conclave, per eleggere colui che il Signore
aveva scelto. Come potevamo riconoscere il suo nome? Come potevano 115 Vescovi,
provenienti da tutte le culture ed i paesi, trovare colui al quale il Signore
desiderava conferire la missione di legare e sciogliere? Ancora una volta, noi
lo sapevamo: sapevamo che non siamo soli, che siamo circondati, condotti e
guidati dagli amici di Dio. Ed
ora, in questo momento, io debole servitore di Dio devo assumere questo compito
inaudito, che realmente supera ogni capacità umana. Come posso fare questo?
Come sarò in grado di farlo? Voi
tutti, cari amici, avete appena invocato l'intera schiera dei santi,
rappresentata da alcuni dei grandi nomi della storia di Dio con gli uomini. In
tal modo, anche in me si ravviva questa consapevolezza: non sono solo. Non devo
portare da solo ciò che in realtà non potrei mai portare da solo. La schiera
dei santi di Dio mi protegge, mi sostiene e mi porta. E la Vostra preghiera,
cari amici, la Vostra indulgenza, il Vostro amore, la Vostra fede e la Vostra
speranza mi accompagnano. Infatti alla comunità dei santi non appartengono solo
le grandi figure che ci hanno preceduto e di cui conosciamo i nomi. Noi tutti
siamo la comunità dei santi, noi battezzati nel nome del Padre, del Figlio e
dello Spirito Santo, noi che viviamo del dono della carne e del sangue di
Cristo, per mezzo del quale egli ci vuole trasformare e renderci simili a se
medesimo. Sì, la Chiesa è viva - questa è la meravigliosa esperienza di
questi giorni. Proprio nei tristi giorni della malattia e della morte del Papa
questo si è manifestato in modo meraviglioso ai nostri occhi: che la Chiesa è
viva. E la Chiesa è giovane. Essa porta in sé il futuro del mondo e perciò
mostra anche a ciascuno di noi la via verso il futuro. La Chiesa è viva e noi
lo vediamo: noi sperimentiamo la gioia che il Risorto ha promesso ai suoi. La
Chiesa è viva - essa è viva, perché Cristo è vivo, perché egli è veramente
risorto. Nel dolore, presente sul volto del Santo Padre nei giorni di Pasqua,
abbiamo contemplato il mistero della passione di Cristo ed insieme toccato le
sue ferite. Ma in tutti questi giorni abbiamo anche potuto, in un senso
profondo, toccare il Risorto. Ci è stato dato di sperimentare la gioia che egli
ha promesso, dopo un breve tempo di oscurità, come frutto della sua
resurrezione. La Chiesa è viva – così saluto con grande gioia e gratitudine voi tutti,
che siete qui radunati, venerati Confratelli Cardinali e Vescovi, carissimi
sacerdoti, diaconi, operatori pastorali, catechisti. Saluto voi, religiosi e
religiose, testimoni della trasfigurante presenza di Dio. Saluto voi, fedeli
laici, immersi nel grande spazio della costruzione del Regno di Dio che si
espande nel mondo, in ogni espressione della vita. Il discorso si fa pieno di
affetto anche nel saluto che rivolgo a tutti coloro che, rinati nel sacramento
del Battesimo, non sono ancora in piena comunione con noi; ed a voi fratelli del
popolo ebraico, cui siamo legati da un grande patrimonio spirituale comune, che
affonda le sue radici nelle irrevocabili promesse di Dio. Il mio pensiero,
infine – quasi come un’onda che si espande – va a tutti gli uomini del
nostro tempo, credenti e non credenti. Cari amici! In questo momento non ho bisogno di presentare un programma di
governo. Qualche tratto di ciò che io considero mio compito, ho già potuto
esporlo nel mio messaggio di mercoledì 20 aprile; non mancheranno altre
occasioni per farlo. Il mio vero programma di governo è quello di non fare la
mia volontà, di non perseguire mie idee, ma di mettermi in ascolto, con tutta
quanta la Chiesa, della parola e della volontà del Signore e lasciarmi guidare
da Lui, cosicché sia Egli stesso a guidare la Chiesa in questa ora della nostra
storia. Invece di esporre un programma io vorrei semplicemente cercare di
commentare i due segni con cui viene rappresentata liturgicamente l’assunzione
del Ministero Petrino; entrambi questi segni, del resto, rispecchiano anche
esattamente ciò che viene proclamato nelle letture di oggi. Il primo segno è il Pallio, tessuto in pura lana, che mi viene posto sulle
spalle. Questo antichissimo segno, che i Vescovi di Roma portano fin dal IV
secolo, può essere considerato come un’immagine del giogo di Cristo, che il
Vescovo di questa città, il Servo dei Servi di Dio, prende sulle sue spalle. Il
giogo di Dio è la volontà di Dio, che noi accogliamo. E questa volontà non è
per noi un peso esteriore, che ci opprime e ci toglie la libertà. Conoscere ciò
che Dio vuole, conoscere qual è la via della vita – questa era la gioia di
Israele, era il suo grande privilegio. Questa è anche la nostra gioia: la
volontà di Dio non ci aliena, ci purifica – magari in modo anche doloroso –
e così ci conduce a noi stessi. In tal modo, non serviamo soltanto Lui ma la
salvezza di tutto il mondo, di tutta la storia. In realtà il simbolismo del
Pallio è ancora più concreto: la lana d’agnello intende rappresentare la
pecorella perduta o anche quella malata e quella debole, che il pastore mette
sulle sue spalle e conduce alle acque della vita. La parabola della pecorella
smarrita, che il pastore cerca nel deserto, era per i Padri della Chiesa
un’immagine del mistero di Cristo e della Chiesa. L’umanità – noi tutti -
è la pecora smarrita che, nel deserto, non trova più la strada. Il Figlio di
Dio non tollera questo; Egli non può abbandonare l’umanità in una simile
miserevole condizione. Balza in piedi, abbandona la gloria del cielo, per
ritrovare la pecorella e inseguirla, fin sulla croce. La carica sulle sue
spalle, porta la nostra umanità, porta noi stessi – Egli è il buon pastore,
che offre la sua vita per le pecore. Il Pallio dice innanzitutto che tutti noi
siamo portati da Cristo. Ma allo stesso tempo ci invita a portarci l’un
l’altro. Così il Pallio diventa il simbolo della missione del pastore, di cui
parlano la seconda lettura ed il Vangelo. La santa inquietudine di Cristo deve
animare il pastore: per lui non è indifferente che tante persone vivano nel
deserto. E vi sono tante forme di deserto. Vi è il deserto della povertà, il
deserto della fame e della sete, vi è il deserto dell’abbandono, della
solitudine, dell’amore distrutto. Vi è il deserto dell’oscurità di Dio,
dello svuotamento delle anime senza più coscienza della dignità e del cammino
dell’uomo. I deserti esteriori si moltiplicano nel mondo, perché i deserti
interiori sono diventati così ampi. Perciò i tesori della terra non sono più
al servizio dell’edificazione del giardino di Dio, nel quale tutti possano
vivere, ma sono asserviti alle potenze dello sfruttamento e della distruzione.
La Chiesa nel suo insieme, ed i Pastori in essa, come Cristo devono mettersi in
cammino, per condurre gli uomini fuori dal deserto, verso il luogo della vita,
verso l’amicizia con il Figlio di Dio, verso Colui che ci dona la vita, la
vita in pienezza. Il simbolo dell’agnello ha ancora un altro aspetto.
Nell’Antico Oriente era usanza che i re designassero se stessi come pastori
del loro popolo. Questa era un’immagine del loro potere, un’immagine cinica:
i popoli erano per loro come pecore, delle quali il pastore poteva disporre a
suo piacimento. Mentre il pastore di tutti gli uomini, il Dio vivente, è
divenuto lui stesso agnello, si è messo dalla parte degli agnelli, di coloro
che sono calpestati e uccisi. Proprio così Egli si rivela come il vero pastore:
"Io sono il buon pastore… Io offro la mia vita per le pecore", dice
Gesù di se stesso (Gv 10, 14s). Non è il potere che redime, ma
l’amore! Questo è il segno di Dio: Egli stesso è amore. Quante volte noi
desidereremmo che Dio si mostrasse più forte. Che Egli colpisse duramente,
sconfiggesse il male e creasse un mondo migliore. Tutte le ideologie del potere
si giustificano così, giustificano la distruzione di ciò che si opporrebbe al
progresso e alla liberazione dell’umanità. Noi soffriamo per la pazienza di
Dio. E nondimeno abbiamo tutti bisogno della sua pazienza. Il Dio, che è
divenuto agnello, ci dice che il mondo viene salvato dal Crocifisso e non dai
crocifissori. Il mondo è redento dalla pazienza di Dio e distrutto
dall’impazienza degli uomini. Una delle caratteristiche fondamentali del pastore deve essere quella di
amare gli uomini che gli sono stati affidati, così come ama Cristo, al cui
servizio si trova. "Pasci le mie pecore", dice Cristo a Pietro, ed a
me, in questo momento. Pascere vuol dire amare, e amare vuol dire anche essere
pronti a soffrire. Amare significa: dare alle pecore il vero bene, il nutrimento
della verità di Dio, della parola di Dio, il nutrimento della sua presenza, che
egli ci dona nel Santissimo Sacramento. Cari amici – in questo momento io
posso dire soltanto: pregate per me, perché io impari sempre più ad amare il
Signore. Pregate per me, perché io impari ad amare sempre più il suo gregge
– voi, la Santa Chiesa, ciascuno di voi singolarmente e voi tutti insieme.
Pregate per me, perché io non fugga, per paura, davanti ai lupi. Preghiamo gli
uni per gli altri, perché il Signore ci porti e noi impariamo a portarci gli
uni gli altri. Il secondo segno, con cui viene rappresentato nella liturgia odierna
l’insediamento nel Ministero Petrino, è la consegna dell’anello del
pescatore. La chiamata di Pietro ad essere pastore, che abbiamo udito nel
Vangelo, fa seguito alla narrazione di una pesca abbondante: dopo una notte,
nella quale avevano gettato le reti senza successo, i discepoli vedono sulla
riva il Signore Risorto. Egli comanda loro di tornare a pescare ancora una volta
ed ecco che la rete diviene così piena che essi non riescono a tirarla su; 153
grossi pesci: "E sebbene fossero così tanti, la rete non si strappò"
(Gv 21, 11). Questo racconto, al termine del cammino terreno di Gesù con
i suoi discepoli, corrisponde ad un racconto dell’inizio: anche allora i
discepoli non avevano pescato nulla durante tutta la notte; anche allora Gesù
aveva invitato Simone ad andare al largo ancora una volta. E Simone, che ancora
non era chiamato Pietro, diede la mirabile risposta: Maestro, sulla tua parola
getterò le reti! Ed ecco il conferimento della missione: "Non temere!
D’ora in poi sarai pescatore di uomini" (Lc 5, 1–11). Anche oggi
viene detto alla Chiesa e ai successori degli apostoli di prendere il largo nel
mare della storia e di gettare le reti, per conquistare gli uomini al Vangelo
– a Dio, a Cristo, alla vera vita. I Padri hanno dedicato un commento molto particolare anche a questo
singolare compito. Essi dicono così: per il pesce, creato per l’acqua, è
mortale essere tirato fuori dal mare. Esso viene sottratto al suo elemento
vitale per servire di nutrimento all’uomo. Ma nella missione del pescatore di uomini avviene il
contrario. Noi uomini viviamo alienati, nelle acque salate della sofferenza e
della morte; in un mare di oscurità senza luce. La rete del Vangelo ci tira
fuori dalle acque della morte e ci porta nello splendore della luce di Dio,
nella vera vita. E’ proprio così – nella missione di pescatore di uomini,
al seguito di Cristo, occorre portare gli uomini fuori dal mare salato di tutte
le alienazioni verso la terra della vita, verso la luce di Dio. E’
proprio così: noi esistiamo per mostrare Dio agli uomini. E solo laddove si vede Dio, comincia veramente la vita. Solo quando
incontriamo in Cristo il Dio vivente, noi conosciamo che cosa è la vita. Non
siamo il prodotto casuale e senza senso dell’evoluzione. Ciascuno di noi è il
frutto di un pensiero di Dio. Ciascuno di noi è voluto, ciascuno è amato,
ciascuno è necessario. Non vi è niente di più bello che essere raggiunti,
sorpresi dal Vangelo, da Cristo. Non vi è niente di più bello che conoscere
Lui e comunicare agli altri l’amicizia con lui. Il compito del pastore, del
pescatore di uomini può spesso apparire faticoso. Ma è bello e grande, perché
in definitiva è un servizio alla gioia, alla gioia di Dio che vuol fare il suo
ingresso nel mondo. Vorrei
qui rilevare ancora una cosa: sia nell’immagine In questo momento il mio ricordo ritorna al 22 ottobre 1978, quando Papa
Giovanni Paolo II iniziò il suo ministero qui sulla Piazza di San Pietro.
Ancora, e continuamente, mi risuonano nelle orecchie le sue parole di allora:
"Non abbiate paura, aprite anzi spalancate le porte a Cristo!" Il Papa
parlava ai forti, ai potenti del mondo, i quali avevano paura che Cristo potesse
portar via qualcosa del loro potere, se lo avessero lasciato entrare e concesso
la libertà alla fede. Sì, egli avrebbe certamente portato via loro qualcosa:
il dominio della corruzione, dello stravolgimento del diritto, dell’arbitrio.
Ma non avrebbe portato via nulla di ciò che appartiene alla libertà
dell’uomo, alla sua dignità, all’edificazione di una società giusta. Il
Papa parlava inoltre a tutti gli uomini, soprattutto ai giovani. Non abbiamo
forse tutti in qualche modo paura - se lasciamo entrare Cristo totalmente dentro
di noi, se ci apriamo totalmente a lui – paura che Egli possa portar via
qualcosa della nostra vita? Non abbiamo forse paura di rinunciare a qualcosa di
grande, di unico, che rende la vita così bella? Non rischiamo di trovarci poi
nell’angustia e privati della libertà? Ed ancora una volta il Papa voleva
dire: no! chi fa entrare Cristo, non perde nulla, nulla – assolutamente nulla
di ciò che rende la vita libera, bella e grande. No! solo in quest’amicizia
si spalancano le porte della vita. Solo in quest’amicizia si dischiudono
realmente le grandi potenzialità della condizione umana. Solo in
quest’amicizia noi sperimentiamo ciò che è bello e ciò che libera. Così,
oggi, io vorrei, con grande forza e grande convinzione, a partire
dall’esperienza di una lunga vita personale, dire a voi, cari giovani: non
abbiate paura di Cristo! Egli non toglie nulla, e dona tutto. Chi si dona a lui,
riceve il centuplo. Sì, aprite, spalancate le porte a Cristo – e troverete la
vera vita. Amen. français
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